« Liefmans on the Rocks », ou son âme au diable Duvel?

Publié le par beer-trader


Bords de l’Escaut, à Audenaerde, petite cité flandrienne. Le doux parfum du moût en plein brassage emplit de nouveau l’air depuis bientôt deux ans : après être tombée en faillite, la vénérable brasserie Liefmans, institution multiséculaire, brasse de nouveau ! Son sauveur n’est autre que le mastodonte Duvel-Moortgat qui pour quelques millions d’euros (4 ou 5 selon les sources) acquît donc Liefmans et ses bières : notamment les fameuses Gouden Band et Oud Bruin. Mais aussi le pan « bières fruitées », qui manquait alors cruellement à la gamme Duvel.

Depuis quelques mois, nous pouvons découvrir la nouvelle stratégie que le groupe de Breendonck entend mettre en place pour Liefmans. Exit les bières inutiles ou faisant double emploi, seules la Goudenband et la Oud Bruin sont conservées, mais leur emballage est relooké.

Si la Framboise disparait, la Kriek reste également en place, mais change de nom pour devenir la Cuvée Brut. Ce qui n’est pas plus mal, ceci dit en passant ; laissons en effet l’appellation Kriek aux brasseurs et coupeurs de lambics de Bruxelles et ses alentours.

En revanche, là où la nouvelle politique Duvel pour Liefmans va peut être interpeller, c’est ce nouveau concept de bière « on the rocks ». Comprenez de la Liefmans fruitée versée sur glaçons, dans un petit verre spécialement dédié à cette boisson visant visiblement les femmes et les jeunes gens branchés ou adeptes des barbecues en été.

Si le patrimoine brassicole belge a besoin d’innovation pour tirer son épingle du jeu, et qu’il serait suicidaire de se reposer sur ses lauriers et les acquis, nous pouvons néanmoins nous poser légitimement la question si une brasserie vestige comme l’est (ou l’était ?) Liefmans est la plus appropriée à ce type d’experience.

Tenter et oser la nouveauté, oui c’est vital. Le faire au possible détriment du patrimoine, non.

Mais ne jetons pas la bière, pardon, la pierre à Duvel. Le groupe a sauvé Liefmans  de la fermeture définitive. Et qui sait, ce nouveau concept de « bière on the rocks » finira peut être par donner quelque chose à terme ? Cela aura au moins eu le mérite d’être tenté.  Mais d’ici là, messieurs les décideurs de chez Moortgat, prenez bien soin de Liefmans, car sa valeur patrimoniale pour la Belgique de la bière est grande.

http://www.liefmans.be/
http://www.duvel.be/

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Guide-Bière.fr 01/09/2009 15:42

On parle beaucoup de patrimoine dans cet article, en effet c'est un point important mais je pense que l'altération de celui-ci n'est pas le principal problème de ce principe très marketing de beer on the rocks. Le problème c'est qu'on coupe l'herbe sous les pieds de gens qui travaille à faire avancer les mentalités, notamment en France que la bière est une boisson noble qui peut rivaliser avec le vin à table. Difficile pour les brasseurs de bonne bières d'insuffler cette image quand les grands groupes jouent tout leur tésorie pour faire la pubs de produits qui se rapprochent d'avantages de soda et autre premix... Des brasseries comme Duvel qui ont d'excellents produits pratiquent carrément le double discours... Surement rentable à court terme, mais dommage pour l'avenir de la bière.

Sinon, Kriek veut dire cerise en flamand et cette bière aux cerises est flamande, donc je trouve malplacé de la nommer autrement, et encore plus pour l'appeler Cuvée Brut, voilà une appelation par contre qu'il serait bienvenu de laisser aux bières refermentées à la méthode champenoise. La différence avec les kriek lambic, les amateurs de ce type de bière la font facilement...